LA FIN DU CONTRAT

Certains contrats prévoient une expiration à une date fixe (par exemple le 1.01.2004) et qu'à cette date, plus aucune rémunération ne sera due au manager. Ce type de clause est assez ridicule dans un contrat de management dans la mesure où, étant donné notamment les payements semestriels de royalties, le manager devrait ainsi travailler au moins un semestre (le dernier) pour rien puisque les royalties générées pendant son activité ne seront payées qu'après celle-ci. Si le contrat ne prévoit pas de reconduction, cela conduit naturellement à pousser le manager à ne rien faire et dès lors à rompre en fait plutôt le contrat. C'est pourquoi il est plus équitable de prévoir qu'après l'expiration du contrat, le manager continuera de percevoir, pendant un certain temps, son pourcentage ou une partie de celui-ci. Il peut s'agir, dans un premier temps, du pourcentage au taux plein puis, un ou deux mois plus tard, de la moitié de celui-ci et enfin, après quelques mois, en fonction des activités déployées par le manager dans les derniers semestres, d'une commission égale à 0 %. Bien entendu, il peut arriver que l'artiste ait un double pourcentage à payer (1 pour l'ancien manager, un 2e pour le nouveau manager) et il faudra alors veiller à coordonner ce double payement afin qu'il n'épuise pas les rentrées financières de l'artiste. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que certains revenus, et notamment les droits d'auteur générés à l'étranger, mettent parfois plus de deux années à parvenir sur le compte de l'artiste. Il ne peut être raisonnablement question de voir l'ancien manager percevoir, deux ans plus tard, une commission sur ces revenus. Cette perte est compensée en fait, dans le cours du contrat, par des commissions perçues par le manager sur des revenus qu'il n'a pas aidés, ni directement, ni indirectement, à générer.

Les revenus de l’artiste

Une fois déterminé le montant de la commission du manager et les revenus auxquels celle-ci s'applique, il reste à prendre la décision la plus importante : qui touchera l'argent ? Pour le manager, il est intéressant de percevoir directement la totalité des sommes puis de les reverser après déduction de la commission, à l'artiste. D'une part, il s'assure que sa commission sera payée effectivement et d'autre part, cela lui permet d'assurer le suivi comptable des affaires de l'artiste. Au départ, les artistes n'y voient guère d'inconvénient dans la mesure où la plupart d'entre eux préfèrent laisser au loin les questions relatives à l'argent. Du reste, pensent-ils, si le manager tient la comptabilité, les déclarations fiscales seront plus faciles à faire, aucun justificatif ne sera égaré, bref, la situation sera claire. C'est là une erreur extrêmement grave. La plupart des grands conflits entre artistes et managers proviennent de ce que l'argent revenant à l'artiste a transité, pendant un certain moment, sur le compte du manager. Ce n'est pas que les managers soient, par nature, voleurs. Mais il peut arriver (et en fait il arrive fréquemment) que le manager soit tenté de retenir des commissions sur des revenus qui lui sont étrangers; en cas de difficultés financières passagères, d'emprunter une somme sur le compte de l'artiste et d'omettre de la lui rembourser; de placer, dans une bonne intention, une partie des revenus de l'artiste sur un compte à fort taux d'intérêts; ou simplement, de mal calculer la commission, de payer ses propres frais avec une partie des revenus : pour peu que le manager soit, pendant un certain temps, surchargé de travail, une simple négligence peut ainsi tourner simplement à la catastrophe.

Pour éviter tous ces problèmes, il est beaucoup plus simple de prévoir que l'artiste percevra directement ses revenus et que le manager lui facturera sa commission. Cette clause est d'une importance capitale. Il faut à tout prix éviter le transit d'argent par le compte du manager.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site